Le révolté et le photographe
L'arc se tord, le bois crie. Au sommet de la plus haute tension va jaillir l’élan d'une droite flèche, du trait le plus dur et le plus libre. Albert Camus dans L’homme révolté.
Le et la révolté( e) a mauvaise presse. Il casse sans réparer. Il brûle mais ne veut pas éteindre. Il soulève les pavés car on lui a dit qu’en dessous il trouverait la plage. On ne l’aime pas car il a le courage de se faire entendre. Au milieu de la révolte pousse pourtant des fleurs, des couleurs, des sourires, des camaraderies et un vent de changement qui va chatouiller le nez de nos responsables. Sans chaos, point d’univers. Et point de plage sous les pavés si on ne les soulève pas.
Les photos doivent refléter d’un côté le courage de nombreux militants qui croient en leurs idées mais aussi celui des forces de l’ordre dont le travail est parfois très difficile. Au milieu des exigences, quelques badauds, curieux, simples passants, des chiens et des chats pour qui rien ne change. C’est la beauté du mouvement.